
Palestine : enjeux d’une décolonisation
Le 23 avril 2026, ProJeuneS organisait, aux côtés de l’Association culturelle Joseph Jacquemotte, une soirée consacrée à la Palestine et aux enjeux de sa décolonisation.
Une rencontre pensée comme un espace de réflexion et de solidarité avec le peuple palestinien, confronté depuis des décennies à la colonisation, à l’apartheid et à une politique de dépossession et de déplacement forcé menée par l’État israélien.
Face au génocide en cours à Gaza et à la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens, comprendre les mécanismes de la domination coloniale nous semble plus que jamais nécessaire.
C’est dans cet esprit que s’inscrivait cette soirée, organisée dans le cadre de notre projet de cohésion sociale « La décolonisation de la pensée ». La rencontre a commencé par la projection de Condom Lead, court métrage des réalisateurs palestiniens Arab et Tarzan Nasser.
En quelques minutes, le cinéma donne une quotidienneté à une réalité souvent réduite aux images de guerre et aux chiffres. Derrière les cartes, les frontières et les blocus, il y a des vies, des contraintes, mais aussi une volonté persistante de vivre et de préserver sa dignité.
La projection a ensuite laissé place à Omar Jabary Salamanca, professeur en sciences sociales à l’Université libre de Bruxelles. À partir de ses travaux sur la Palestine, les infrastructures, l’urbanisme et les formes de domination territoriale, il nous a invité·es à regarder autrement les mécanismes qui façonnent les territoires.
La définition de la colonisation laisse à penser qu’il s’agit uniquement d’une occupation de la terre, omettant l’organisation de l’espace, le contrôle des déplacements, des ressources, des lieux d’habitations.
Décoloniser le regard
La soirée nous a ainsi ramené·es à l’enjeu central de notre projet : décoloniser la pensée. Quels récits considérons-nous comme légitimes ? Quelles histoires enseignons-nous ? Quels mots employons-nous pour décrire les violences, les résistances et les rapports de domination ?
Ces questions dépassent la Palestine et nous renvoient à notre propre histoire européenne, aux héritages du colonialisme et à la manière dont ceux-ci continuent de traverser nos sociétés. À Bruxelles aussi, les luttes internationales peuvent entrer en dialogue avec les combats locaux et les expériences de solidarité.
La conférence s’est terminée par un échange avec le public, permettant de penser l’histoire, les territoires, les rapports de pouvoir et ce que signifie, ici et maintenant, être solidaire. Une idée forte s’est finalement dégagée : une paix durable ne peut faire l’économie de la justice ni laisser intactes les logiques de dépossession et de domination.
Comme l’a souligné Omar Jabary Salamanca, la Palestine doit dès lors être pensée non seulement sous l’angle de la décolonisation, mais aussi, et surtout, sous celui de la libération.



