Serie
La servante écarlate
Où la violence est un système
Adaptée du roman de Margaret Atwood, La Servante écarlate imagine la République de Gilead, une dictature fasciste dans laquelle les femmes sont privées de leurs droits et réparties en fonction du rôle que le régime leur assigne.
Les Servantes, femmes encore fertiles, sont soumises à des viols ritualisés dans le but de donner des enfants aux familles dirigeantes.
Au fil des saisons, la série ne montre pas seulement les violences physiques exercées par Gilead. Elle s’intéresse longuement à leurs conséquences psychiques. Certaines femmes tentent de se suicider, d’autres semblent se détacher de la réalité pour survivre.
Lorsqu’elles parviennent à quitter Gilead, la liberté ne fait pas disparaître ce qu’elles ont vécu : colère, culpabilité, souvenirs intrusifs et réactions post-traumatiques continuent de les accompagner.
La quatrième saison, en particulier, consacre une large place à l’après et à la difficulté de reconstruire une vie après des violences répétées.
La Servante écarlate renverse la question de la folie. Les comportements des femmes peuvent sembler irrationnels, violents ou autodestructeurs si on les isole de leur contexte. Dès lors qu’on regarde ce qu’elles subissent, ils deviennent les conséquences d’un environnement violent.
Si la série pousse le patriarcat jusqu’à la dystopie, son mécanisme reste familier : contrôler les corps, limiter les choix, imposer la maternité, punir la sexualité, organiser la dépendance économique.
Gilead n’invente rien qui n’existe pas déjà, rien contre quoi les féministes ne sont pas déjà battues par le passé, contre quoi elles ne devront pas encore lutter dans le futur.
À voir pour : penser le traumatisme et ses conséquences délétères comme une réaction à la violence.



